Skip to main content

Périodes critiques : utilisation des écrans chez les enfants

une fille qui regarde la télévision

Périodes critiques : plasticité cérébrale, fenêtres d’opportunité pour le développement et utilisation des écrans chez les enfants
Par Andrea Liss

Vous êtes à la recherche de certains conseil pour votre couple? Peut-être avez-vous des questions sur l'éducation des enfants? Demandez à Andrea! Notre travailleuse sociale, Andrea Liss, choisira une question par mois et y répondra dans notre bulletin de la mi-mois. Vous pouvez nous soumettre vos questions de manière anonyme à l'adresse https://forms.office.com/r/F3rxQKvTdQ.

Chère communauté HORSCAN, 

Dans l’article Demandez à Andrea de ce bulletin mensuel HORSCAN, j’ai pensé vous présenter l’idée de « périodes critiques». Ce concept décrit les fenêtres temporelles clés durant lesquelles le cerveau et le corps humains demeurent malléables et réceptifs à l’empreinte (ou « imprégnation ») et à d’autres formes d’apprentissage. Plus précisément, il existe maintenant de nombreuses données indiquant que l’apprentissage du langage, le développement des fonctions motrices et de la personnalité, ainsi que la socialisation — pour ne nommer que quelques tâches développementales humaines — suivent essentiellement une période « ouverte » puis « fermée ».

Comme j’ai récemment passé trois heures avec un adorable bébé énergique de cinq mois, et que j’ai pris part à un appel Zoom familial pendant une partie du temps où j’étais avec lui, je me suis mise à réfléchir à l’impact du temps d’écran sur les enfants. J’avais à l’esprit l’idée d’être avec un bébé pendant un appel Zoom lorsque j’ai écouté une série de balados qui m’a fait découvrir le concept de « périodes critiques ». Permettez-moi de vous parler du balado qui a inspiré cet article, puis je vous laisserai quelques ressources et réflexions sur les périodes critiques et l’utilisation des écrans.

L’un de mes balados préférés est On Being avec Krista Tippett. Dans On Being, Madame Tippett, une ancienne animatrice de la radio publique américaine, s’entretient avec des scientifiques, des poètes et des philosophes sur les dynamiques profondes de la vie. Je suis toujours émerveillée par l’optimisme des experts : ils incarnent et illustrent le travail acharné ainsi que le champ des possibles. Leur engagement profond envers la curiosité, la persévérance et l’ambition de découvrir est ce qui permet les avancées scientifiques. Ainsi, lorsque vous écouterez la neuroscientifique Gul Dolen dans son entretien avec Krista Tippett, j’espère que vous serez aussi inspirés que je l’ai été.

L’entrevue (lien ci-dessous) porte sur les avancées récentes dans la science psychédélique. Je ne m’attendais pas à entendre parler des « périodes critiques » dans un balado sur la science psychédélique. Mais la notion de « périodes critiques » est l’un des concepts les plus importants pour comprendre comment fonctionnent les traitements psychédéliques.

Ce que j’ai appris, c’est que les psychédéliques permettent de « rouvrir » des fenêtres de plasticité cérébrale, permettant au cerveau de réapprendre ce qui a été perturbé par une blessure psychologique sévère. Cette réouverture offerte par les médecines psychédéliques, combinée à un traitement simultané avec un psychothérapeute formé, permet aux patients de revisiter leur traumatisme ou leur dépendance d’une manière nouvelle, moins menaçante, et avec des effets permanents.

Cette « réouverture » de l’espace d’apprentissage survient durant ce qu’on appelle la « phase d’administration » du traitement psychédélique et se prolonge pendant toute la durée de la « période critique », laquelle varie selon le type de psychédélique administré. Par exemple, d’importantes avancées sont en cours avec l’ibogaïne, une substance qui induit un état semblable au rêve pouvant durer plusieurs semaines. Cette période est considérée comme la « période critique » durant laquelle des changements psychologiques significatifs peuvent être réalisés. La « période critique » a un début et une fin. Et c’est exactement cette découverte qui est pertinente pour comprendre le développement de nos enfants et l’impact des écrans sur eux. En écoutant ce balado, j’ai mieux compris le problème fondamental de l’utilisation des écrans chez les enfants. Lorsque l’utilisation des écrans est débridée, au détriment du développement social, la capacité d’un enfant à être pleinement avec les autres est affaiblie. L’utilisation des écrans ne peut pas prendre une telle place dans la vie d’un enfant qu’elle en éclipse tout le reste. L’enfance ne se vit qu’une seule fois et nous n’avons donc qu’une seule et unique période critique pour encoder les apprentissages sociaux essentiels.

La sociabilité humaine est une tâche développementale qui possède une période critique pour l’acquisition optimale des habiletés sociales chez l’enfant. Modeler l’usage des écrans de manière à respecter cette période critique est l’information la plus importante que les parents puissent avoir. Garder à l’esprit qu’il existe une fenêtre temporelle spécifique qui constitue la période critique pour l’apprentissage social de votre enfant vous offrira la justification la plus simple et la plus percutante pour fixer des paramètres liés au temps d’écran.

J’espère que vous avez apprécié cet article. Écrivez-moi pour me dire ce que vous en pensez!

Andrea 

P.S. : Je vous encourage vivement à écouter cette merveilleuse entrevue. Écoutez-la au complet afin d’en apprendre davantage sur le trouble du stress post-traumatique, l’ibogaïne, ce que signifie « onirogène », les antidépresseurs, le sevrage des ISRS (une classe d’antidépresseurs), les périodes critiques, les neurosciences, la plasticité cérébrale (hyperplasticity), l’autisme, la dépendance et… des pieuvres sous ecstasy! J’espère que l’écoute du balado démystifiera l’usage des médecines psychédéliques dans le traitement des troubles de santé mentale et ouvrira un peu plus votre esprit à la magie de la science.
 
Ressources   Ressources en français :  


Andrea est titulaire d’une maîtrise en travail social et est inscrite à titre de travailleuse sociale autorisée (Ontario). Elle compte plus de 20 ans d’expérience. Elle est la travailleuse sociale HORSCAN – Reste du monde des SBMFC et accompagne les familles des FAC qui vivent une expérience à l’étranger. Si vous êtes membre d’une famille des FAC et souhaitez échanger individuellement avec Andrea ou vous joindre au groupe de soutien des personnes conjointes HORSCAN qu’elle anime, vous pouvez la joindre par courriel à : [email protected].

Un soutien est également offert dans votre région HORSCAN. Si vous ou votre famille souhaitez parler avec une travailleuse sociale ou un travailleur social durant votre affectation HORSCAN, nous vous invitons à communiquer avec la personne responsable dans votre région des SBMFC :

États‑Unis : Marion Hall — [email protected]
Europe : [email protected]
À l’échelle mondiale / Reste du monde : Andrea Liss — [email protected]

une fille qui regarde la télévision