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​​​La grande question d’argent : investir ou rembourser son hypothèque?

Maquette maison à coté d'une calculatrice
Publié le 1er mars 2026
 

Une augmentation. Une nouvelle allocation. Une prime. Un héritage. On se plaint rarement d’une entrée d’argent supplémentaire, mais elle s’accompagne étonnamment d’un vrai dilemme : que faire avec cet argent, la verser sur mon hypothèque ou l’investir?

Il y a de solides arguments des deux côtés. Certains jurent qu’il faut se libérer de sa dette le plus vite possible. D’autres pensent plutôt qu’investir dans autre chose devrait être une priorité. En réalité, il n’y a pas de mauvaise réponse. La vraie question à se poser : qu’est-ce qui a le plus de sens pour moi en ce moment? 

Voyons ensemble comment y réfléchir. 

Pourquoi opter pour le remboursement hypothécaire? 

Verser de l’argent supplémentaire sur votre hypothèque apporte quelques avantages certains. 

D’abord, cela réduit le total des intérêts que vous paierez au fil du temps. La plupart des contrats de prêt hypothécaire permettent des remboursements forfaitaires anticipés, et même le plus petit des paiements supplémentaires peut raccourcir votre prêt de plusieurs années et vous faire économiser des milliers de dollars d’intérêts. 

Ensuite, le remboursement offre une certitude que peu de placements peuvent égaler. Techniquement, une hypothèque est une dette, mais son remboursement peut être vu comme un placement avec rendement garanti. Chaque dollar supplémentaire que vous versez sur votre prêt vous rapporte un rendement égal au taux d’intérêt de votre hypothèque en éliminant définitivement les intérêts futurs. 

Enfin, beaucoup de familles des Forces armées canadiennes (FAC) y trouvent aussi un bénéfice psychologique. Alléger le fardeau d’une dette fait du bien, sécurise. À mesure que la valeur nette de la maison augmente, il y a un réel confort à savoir que vous avez bâti un coussin financier, à disposition en cas d’imprévu. 

Cela dit, cette flexibilité n’est pas immédiate. L’argent versé sur votre hypothèque n’est pas immédiatement accessible. Il faut généralement passer par un refinancement ou un emprunt. C’est une source de sécurité à long terme, et non de liquidité à court terme. 

Pourquoi opter pour les placements? 

Alors que le remboursement d’une hypothèque réduit progressivement un solde défini, les placements, eux, sont faits pour faire fructifier votre argent au-delà des sommes investies. C’est cette croissance qui permet de concrétiser des objectifs comme la retraite, des études ou une certaine aisance plus tard dans la vie. 

Historiquement, le rendement des placements à long terme a dépassé les coûts d’intérêt des prêts hypothécaires. À la Financière SISIP, nous utilisons généralement une hypothèse de croissance de portefeuille à long terme de 6 %, alors que les taux hypothécaires actuels se situent autour de 4 % dans la plupart des cas. Cette différence explique en partie pourquoi investir l’argent supplémentaire peut être avantageux sur le long terme. 

Le placement offre aussi plus de flexibilité. Contrairement aux paiements hypothécaires, l’argent placé dans des comptes comme un CELI peut être retiré en cas de besoin, sans pénalités ni conséquences fiscales. 

L’autre avantage des placements, c’est qu’ils permettent d’adopter une approche équilibrée. Verser tout l’argent supplémentaire dans la maison, c’est mettre tous ses œufs dans le même panier. Investir permet de répartir les risques et de contribuer à des objectifs autres que celui du logement. C’est ce qu’on appelle la diversification, et c’est un des piliers d’une saine gestion financière. 

Bien sûr, investir vient avec son lot d’incertitude. Les marchés fluctuent et les rendements ne sont pas garantis. C’est pourquoi il est important d’investir son argent différemment selon l’horizon temporel à court terme ou à long terme. L’idée est d’éviter d’avoir à retirer des fonds en pleine baisse des marchés. 

Et pourquoi pas un peu des deux? 

Pour beaucoup de gens, la meilleure réponse n’est ni de tout mettre dans l’hypothèque ni de tout mettre dans les placements, mais plutôt de faire les deux. 

Cette répartition est un bon compromis entre stabilité et croissance. Cela vous permet de réduire votre dette tout en avançant vers vos objectifs. 

Exemple : vous pourriez cotiser à votre REER, faire des placements judicieux à long terme, puis utiliser le remboursement d’impôt généré par votre cotisation pour rembourser une partie de votre hypothèque. 

Ce type d’approche peut être particulièrement utile pour les membres des FAC qui jonglent avec des priorités concurrentes : logement, famille, réinstallations, épargne-retraite et imprévus de la vie militaire. 

Choisir ce qui vous convient

Voici quelques questions pour vous guider dans votre décision : 

  • Avez-vous suffisamment de liquidité en ce moment?
  • Êtes-vous à l’aise avec la fluctuation des marchés?
  • Êtes-vous proche de vos principaux objectifs (déménagement, études, retraite)?
  • Avez-vous un fonds d’urgence?

Enfin, il convient de comparer le taux d’intérêt de votre hypothèque au taux de rendement anticipé de vos placements, mais sans oublier une question essentielle : préférez-vous des économies d’intérêts garanties ou une croissance des fonds investis potentielle? 

Les réponses à ces questions dépendent de chaque personne mais, ensemble, elles aident à y voir clair. Si vous ne savez pas trop comment peser les pour et les contre, une conseillère ou un conseiller de la Financière SISIP peut vous aider à prendre du recul sur votre situation, à comprendre vos options et à faire un choix qui renforce votre confiance et votre sécurité financières à long terme. 

Nul besoin de rester dans l’incertitude, ni de suivre des règles génériques. La bonne décision, c’est celle qui vous convient.